Motivations & Constats
Comprendre les limites des modes de scrutin actuels et redonner le pouvoir aux électeurs.
L’agrégation des choix collectifs est un vieux problème. Dès le 17ème siècle, le marquis de Condorcet avait notamment remarqué qu’il n’y a pas d’ordre naturel synthétisant les préférences individuelles des citoyens d’une population.
La fragmentation des votes
Il est sain de présenter à l'électeur un maximum de choix, mais cela permet des manœuvres politiciennes innombrables pour déposséder l'électeur de son pouvoir. Les partis vont notamment faire leur cuisine interne pour sélectionner leurs candidats alors que l'on sait que les choix des dirigeants, des militants et des sympathisants ne concordent pas.
Ils peuvent aussi aller jusqu'à de franches manipulations déloyales, comme susciter des candidatures de diversion ou inciter à voter aux primaires ouvertes de l'adversaire pour favoriser le candidat le plus facile à battre.
Le piège du "Vote Utile"
Face à de tels défauts, l'électeur est condamné à ne pas pouvoir voter selon ses vraies préférences, mais va devoir faire un vote tactique dit "utile".
On peut rajouter une autre anomalie majeure aux systèmes les plus courants : même un candidat pouvant battre tous les autres en duel peut ne pas être élu. C'est une frustration profonde pour le citoyen.
Le Paradoxe de Condorcet
L'ordre naturel n'existe pas.
Supposons une élection avec 3 candidats. Pour un tiers des électeurs l'ordre de préférence est $\{a, b, c\}$, pour un autre tiers c'est $\{b, c, a\}$ et pour le troisième tiers c'est $\{c, a, b\}$.
- Si on demande de choisir entre $a$ et $b$ : 2/3 choisissent $a$.
- Si on demande de choisir entre $b$ et $c$ : 2/3 choisissent $b$.
- Si on demande de choisir entre $a$ et $c$ : 2/3 choisissent $c$.
Le paradoxe : $a$ bat $b$ qui bat $c$, mais $c$ bat $a$[cite: 254]! Il n'existe aucun ordre naturel transitif permettant de dégager un vainqueur indiscutable avec les méthodes traditionnelles.
Le mécanisme du "Vote Utile"
La meilleure illustration est celle du système français à 2 tours pour l'élection présidentielle. Les finalistes pour le deuxième tour sont les deux premiers du premier tour. Il est donc capital d'accéder au deuxième tour.
La contrainte de l'électeur :
Si le candidat préféré d'un électeur n'a manifestement aucune chance d'accéder au deuxième tour, l'électeur aura intérêt à l'oublier et à voter pour son deuxième choix (ou son troisième...) pour lui permettre l'accès au deuxième tour.
Ce comportement contraint prive la démocratie d'une mesure sincère des courants d'idées et génère une profonde frustration politique.